Thank you for 2024

Lire et écrire. Regarder et partager. Peu importe à quel point je travaille sur mon état d’esprit, je continue à me faire des reproches. En 2024, j’ai passé une quantité folle de temps sur les réseaux sociaux : à regarder du contenu, à partager le mien, tout en luttant contre cette petite voix intérieure qui me répétait sans cesse que c’était mal. Mal de passer autant de temps sur les réseaux. Mal de m’abandonner à des heures de doomscrolling. Mal de consommer sans limite.
Et puis, un jeudi matin, alors que ma séance hebdomadaire de thérapie de 45 minutes touchait à sa fin, ma psy m’a lâché quelque chose qui m’a stoppé net :
« Vous dites que vous êtes accro. Mais réfléchissez à ce que le mot drogue signifie en français. Oui, ça peut vouloir dire “addiction”, mais ça peut aussi vouloir dire “remède”. Quand vous allez dans une pharmacie ("drugstore" en anglais), les médicaments qu’on vous vend sont des “drogues” au sens de traitement. Alors, voilà ma question : à quel moment votre consommation des réseaux sociaux relève-t-elle de l’addiction, et à quel moment comble-t-elle un besoin essentiel ? »
Boom. Cette question m’a frappé en plein cœur. Cette année, mes séances de psy m’ont appris à tracer des parallèles, à chercher davantage de justesse, à arrêter de voir les choses en noir ou blanc et plutôt dans des nuances de gris.
Alors que l’année touche à sa fin, je prends un moment pour faire le bilan. Il y a tellement de choses pour lesquelles je suis reconnaissant : les défis que j’ai relevés, les moments où j’ai été poussé à évoluer, et toutes les petites victoires que je n’aurais jamais imaginées.
J’ai eu l’opportunité de travailler avec une députée européenne pour l’aider à développer sa présence sur les réseaux sociaux. J’ai enfin été traité pour une spondylarthrite ankylosante qui minait ma santé depuis plus d’un an. Après Bruxelles, j’ai signé avec mes premiers clients en freelance, devenant financièrement indépendant et maître de mon emploi du temps. J’ai eu la chance de vivre quelques mois chez mon cousin Juan Pablo avant de retrouver mon ancien appartement à Paris, qui s'est libéré plus tard.
Le mannequinat a aussi pris un tournant important. J’ai signé avec trois agences en quelques mois, vécu à Milan pendant plus d’un mois, et décroché la couverture de The Luscious grâce à Monsieur Kay. J’ai été publié sur le site de Flanelle Magazineet dans un calendrier vendu à la Fnac. Les voyages m’ont emmené à Berlin et en Corse avec la Fédération Française de Handball, et à Las Vegas pour un salon grâce à mon travail en freelance.
J’ai collaboré avec Uriage pour une campagne autour de leur crème Cicadaily et avec Trade Republic pour promouvoir leur Mirror card. Chaque étape m’a semblé irréelle, comme une preuve que je construis quelque chose de solide et de significatif.
Et pourtant, il y a encore une part de moi qui se sent insatisfaite. Floue sur ce que je veux vraiment. Et peut-être que c’est normal.
Je cherche le contrôle. Pourquoi ? Parce que ça me rassure. Pourquoi ? Parce qu’au fond, je manque de confiance en moi. Pourquoi ? Parce que je n’ai pas encore tout compris. Pourquoi ? Parce que parfois, je suis tellement fatigué que je n’arrive même pas à essayer. Pourquoi ? Parce que j’ai choisi l’indépendance, et avec elle vient la responsabilité. Pourquoi ? Parce que je voulais la liberté. Je ne voulais dire non à rien. Je voulais poursuivre mes rêves, réussir en grand, être pertinent, laisser une empreinte. Pourquoi ? Parce que j’ai peur de la mort. Peur de disparaître. Pourquoi ? Parce que je veux être aimé, reconnu, compris.
J’ai découvert cette méthode de questionnement dans un podcast de Mel Robbins. Les podcasts ont été une bouée de sauvetage cette année. Vivre seul à Paris, dans un appartement sombre sans lumière naturelle, je mettais un podcast en fond pendant que je cuisinais, et d’un coup, mon esprit se sentait nourri, mon âme moins seule. Ces voix dans mes écouteurs me rappelaient que je n’étais pas le seul à essayer de m'en sortir.
Mais toutes mes habitudes n’étaient pas aussi saines. Parfois, je rentrais et je me perdais : répondre aux commentaires sur Instagram, scroller les DM, swiper sur Tinder. C’était comme une drogue, nourrissant ce besoin hyperactif d’éviter l’ennui. Et même si je reconnais ce schéma depuis des années, j’y retombe encore. La différence aujourd’hui ? J’apprends à me pardonner.
J’en ai assez de me faire du mal. Je fais de mon mieux. Et oui, lire ou écrire pourrait être un “remède” plus sain pour mon esprit, mais parfois, je n’ai pas l’énergie pour ça. Parfois, les réseaux sociaux sont le remède dont j’ai besoin. Et peut-être que si j’arrêtais de les voir comme quelque chose de négatif, je pourrais mieux apprécier ma vie et profiter de la direction naturelle qu’elle prend.
En cette fin d’année, je vous souhaite une excellente soirée de réveillon. J’espère que ces réflexions vous inspireront une idée, un projet, ou peut-être simplement le rappel que nous sommes tous dans ce cheminement imparfait ensemble. Construisons un environnement qui nous aide à développer les habitudes qui nous permettront d’atteindre nos objectifs, pas à pas.
décembre 31, 2024 @ 7:09 pm
I’m 72 and amazed at your awareness and insight into yourself. We never get perfect. Thank God. We muddling along learning and changing if we retain the courage for continuous improvement. Don’t push the River my friend. You are cruising just fine. 🙏🏼☯️