Stress ou excitation ?
Je crois qu’on peut parfois transformer le stress en excitation.
Ces derniers temps, j'étais chez mes grands-parents à Saint-Raphaël. Ce matin, ma mère et moi, on a pris la route pour Nice. Ma mère est prof. Ma grand-mère était prof. Et mon grand-père ? Eh bien, il était prof aussi, mais de maths. Aujourd'hui, c'était le jour de sa prérentrée. Elle a enfin eu sa mutation à Nice, ce dont elle rêvait depuis toujours.

J’ai grandi en Thaïlande avec mon frère et ma sœur de 2002 à 2010. Quand on est revenus en France, il y a 14 ans, mes parents m’ont inscrit à l'école française pour la première fois de ma vie. J'ai fini par arrêter de parler anglais avec mon frère et ma sœur pour parler français. C’était quand même mieux pour se faire comprendre par nos amis communs. Mon frère et ma sœur n’ont qu’un an et demi de moins que moi. Ils sont jumeaux. Mon frère est plutôt du genre réservé. Il n'a jamais apprécié que j’évoque ou montre son existence publiquement. Ma sœur, Louise, en revanche, est complètement différente. Elle s’est même mise sur TikTok récemment avec un certain succès, je trouve. Elle a les pieds sur terre. Elle est facile à vivre. Elle dit ce qu'elle pense. Elle a plein d'amis. Elle n'a pas de mal à garder ses amis, même en déménageant autant qu’on l’a fait. Je me demande assez souvent comment elle fait pour être tout simplement contente d’elle-même. Elle sait se fixer des objectifs. Elle sait comment les atteindre et, surtout, elle n’en fait pas toute une histoire—elle se met tout simplement au travail. Elle ne cherche pas non plus à en faire toujours plus. Elle est généralement satisfaite.

Après cinq années, du CM2 jusqu'à la troisième, au Cheylard en Ardèche, dans un petit village de 3 032 habitants en 2015, j'ai cherché à postuler dans de bons lycées, qui ne se trouvaient forcément pas au Cheylard. C'est comme ça que j'ai déménagé à Grenoble pour suivre mes cours au Lycée International de Grenoble ("Cité Scolaire Internationale (CSI)"), également connu sous le nom d'Europole. J'ai vécu dans une famille d'accueil la première année, pendant que mon frère et ma sœur terminaient le collège. Ma mère attendait encore sa mutation par l’Éducation nationale, et mon père devait accessoirement trouver un travail à Grenoble.

Ça a pris un an. Après ça, ma mère est restée à Grenoble pendant sept ans. Elle a même acheté trois appartements là-bas. Je tiens à le préciser, elle n’est pas aisée. Il faut le dire, les profs en France ne sont pas spécialement riches. Elle est surtout très forte pour mettre de l’argent de côté. La connaissant, je pense qu’elle aime particulièrement la sécurité et la stabilité.

Il y a quelques mois, elle a pourtant fait un choix. Elle s’est assurée d’avoir assez de points pour être mutée dans le sud, là où elle voulait vraiment vivre, au lieu de rester là où ça arrangeait les autres. Au bout de quelques mois, elle a finalement appris qu’elle avait bien été mutée grâce au rapprochement de conjoint. Elle est encore mariée avec mon père, même si ça fait déjà quelques années qu’ils sont séparés.

Elle avait un mois pour mettre son appartement de Grenoble en vente. Elle devait aussi gérer les nouveaux locataires de ses deux autres appartements, qu'elle loue à des étudiants qui déménagent généralement chaque année à cette période. Une semaine avant la rentrée, elle savait quelle matière elle allait enseigner et dans quelles classes. Il y a trois jours, elle avait même la date de sa prérentrée. Elle déménage dans le sud, là où elle a toujours rêvé de vivre, et elle s'apprête à commencer une nouvelle vie dans un nouveau lycée. Mais si tu l'avais vue dans la voiture ce matin, elle était loin d'être excitée à l'idée de commencer sa nouvelle vie.
Elle a passé tout le mois d’août à régler des problèmes. Elle est en plein milieu d'un gros changement. Elle se rapproche de ses parents à Saint-Raphaël. Elle va vivre au bord de la mer. Elle pourra faire de la planche à voile autant qu’elle veut, ou presque. Elle va avoir plus de soleil qu’à Grenoble.

Ce matin, alors qu’on était sur le point d'arriver au lycée Guillaume Apollinaire, où elle sera peut-être jusqu'à la fin de sa carrière, et qu'elle continuait à se plaindre, je l’ai regardée, et je lui ai demandé : "Tu ne trouves pas que c’est génial quand même ?" Elle m'a répondu : "Oui, si on veut." J'ai continué :
- Allez, on va faire un truc ! Tu vas trouver cinq choses positives tout de suite avant qu'on arrive. 1 !
- On n'est pas trop en retard.
- 2 !
- Il fait beau.
- 3 !
- Je vais boire un café instantané dégueulasse et manger des madeleines trop sucrées dans de petits sachets en plastique sans poubelle pour les jeter.
- Ça, ça ne compte pas. Par contre, tu vas rencontrer tes collègues ! 4 !
- Pépé Jean-Louis m'a laissé sa voiture, donc je ne risquais pas de tomber en panne pour la troisième fois ce mois-ci avec la mienne.
- Voilà. Et 5 !
- Je vais peut-être visiter l’appartement où je vais vivre cette année à 18h !
- Voilà !"
C'est normal de voir des problèmes partout quand tu es en mode survie. Par défaut, l'être humain a tendance à remarquer le négatif avant de se rendre compte du positif. C'est comme ça qu'il est normalement constitué. Quand on le sait, il suffit peut-être de mettre en place des stratégies pour contrebalancer ça.

Quand je sens que je nage dans le négatif et que je suis assez conscient pour m'arrêter une seconde et réfléchir, j'essaie de trouver cinq choses pour lesquelles je suis reconnaissant. Ça peut être cinq choses dont je rêve, cinq choses qui me donnent envie ou encore cinq choses que j'attends avec impatience. C'est ma manière d'entraîner mon cerveau à repérer plus de choses positives autour de moi—un moyen d'être un peu plus heureux et satisfait, selon moi.
J'ai commencé à faire ça après avoir lu "1 habitude peut changer votre vie" de Mel Robbins. Dans son livre, elle écrit : "Quand tu te réveilles le matin, écris cinq choses que tu veux." Ça peut être n'importe quoi—un rêve, une relation, cette maison de plage dont tu rêves. Il ne faut pas se sentir coupable de vouloir quelque chose. Il faut se rendre service et être honnête avec soi-même. J'ai aussi été inspiré par un reel Instagram d'un discours d'Oprah Winfrey où elle partageait son habitude la plus efficace, selon elle : tenir un journal de gratitude.

J'ai commencé à écrire tous les jours dans un journal. Au début, je me contentais de suivre mes objectifs, en écrivant une liste de choses à faire dans la journée. Ce n'étaient que des notes et des listes. Mais peu après, c'est devenu un endroit où je m'ouvrais de plus en plus. J'écrivais tout ce que je ressentais, peu importe à quel point c'était négatif, quand j'en avais besoin. J'écrivais mes cinq rêves le matin (quand je n'oubliais pas de le faire). Et j'écrivais cinq choses pour lesquelles j'étais reconnaissant avant de m'endormir.
Petit à petit, je crois que mon état d'esprit a vraiment changé. J'ai gagné en clarté sur ce que je voulais. J'ai pris le temps de déterminer quel genre de personne je voulais être. J'ai noté les choses que j'appréciais vraiment dans ma journée, et j’ai fini par les répéter.
Je ne sais pas si ça peut rendre service à tout le monde. Je veux dire, si tu as un vrai problème, il faut consulter. Mais je crois que pour la plupart des gens, ce n’est ni une mauvaise stratégie ni une mauvaise habitude à prendre, et à mettre en place à ta manière pour transformer le stress que tu ressens en excitation.

août 30, 2024 @ 8:48 pm
Bonjour Léopold
J’ai lu avec attention ton message cela fut très agréable et intéressant de te lire
Tout comme toi je me mets des objectifs pour réussir dans ma vie
Malheureusement de l’autre côté comme je travaille énormément je n’ai plus trop de lien social
Mais combat pour être mieux dans ma vie en vaut la peine
Voilà
Je souhaite par ailleurs bon courage à ta maman je suis sûr qu’elle va réussi dans sa nouvelle vie
Amicalement
Laurent .
septembre 2, 2024 @ 4:52 pm
Merci Laurent
Je suis heureux que tu retrouves dans ce que j’écrit
C’est peut-être ça l’objectif de ce que je partage finalement
Amicalement
Léopold Dutrey
août 30, 2024 @ 9:12 pm
De bonnes idées ! Merci. Un prof. qui n’ a pas forcément ces ressources, pourtant toutes simples.Merci
août 30, 2024 @ 11:49 pm
Je suis très heureux d’avoir lu cet magnifique et bien optimiste texte. Vraiment encourageant. Je suis tout à fait d’accord et j’essai toujour d’avoir cette façon de vivre et cette filosophie de vie car c’est la seule façon de sentir la difference entre savoir et pas savoir vivre. Je vous félicite de tout mon coeur, car vous êtes de très belles personnes et une belle famille
septembre 2, 2024 @ 4:53 pm
Merci Elio
Ça me fait très plaisir
À bientôt
Léopold Dutrey